Chaussures et Pratique Sportive

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Chaussures et Pratique Sportive

Introduction ;

Combien de paires de chaussures avez-vous à la maison ?

Nous vivons dans un monde en constante évolution où les habitudes tendent vers la surconsommation au-delà de toute raison. L’industrie du prêt à porter et du textile ne fait pas exception, de nouvelles collections sortent sans cesse, nous poussant doucement mais sûrement vers l’acte d’achat. Ce dernier, parfois impulsif, répond alors à des besoins sociaux et émotionnels, occultant toute réflexion logique et raisonné sur l’utilité réelle du produit. 

Si vous pratiquez une activité physique, telle qu’elle soit, alors, vous utilisez probablement une paire de chaussures.

Vous êtes-vous déjà demandé quelle importance revêt le mode de chaussage sur votre propre biomécanique ? Et si nous décidions d’aller plus loin ? Dans quelles mesures celui-ci peut-il impacter vos performances ? 

Au travers de cet article, nous allons décrypter la biomécanique fonctionnelle du pied, détailler les rôles de la cheville dans la locomotion et la pratique sportive et proposer des solutions viables quant au mode de chaussage en fonction des disciplines pratiquées.

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Comprendre la biomécanique fonctionnelle des pieds ;

Représentant l’extrémité distale du membre inférieur, le pied est une adaptation morphologique spécifique à la bipédie qui permet le maintien de la station verticale et la locomotion.

Ce dernier remplit alors une double fonction :

🔸 Recevoir le poids du corps et la réaction avec le sol (sens kinesthésique) ,

🔸 Permettre le déroulement dynamique du pas lors de la marche.

La structure du pied représente un ensemble complexe qui fait partie de l’appareil locomoteur. Lors de la marche, par exemple, la prise d’informations sensorielles permet au pied de s’adapter au relief du sol. Celui-ci suppose à la fois résistance, stabilité et souplesse, il est composé de 26 os, 31 articulations et de 20 muscles qui lui sont propres.

Le pied permet également d’équilibrer les transmissions de force entre l’avant et l’arrière pied et d’amortir les chocs. Cependant, malgré son architecture solide, ce dernier se retrouve souvent déformé, soumis à de fortes contraintes mécaniques issues du poids du corps et celle du chaussage, souvent inadapté et prolongé.

L’avant-pied possède une répartition de mobilité adaptée aux contraintes qu’il subit ;

📍 M1 est mobile (gros orteil),

📍 M2 & M3 sont stables (médians),

📍 M4 & M5 sont mobiles (latéral).

Sur le plan biomécanique, le pied est aussi un ensemble très mobile, permettant des mouvements variés tels que la flexion dorsale, la flexion plantaire, la supination, la pronation, l’adduction et l’abduction (abordé en détails avec l’analyse de la cheville).

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Le Tripod Foot ;

Avez-vous déjà observé l’empreinte que forme votre pied lorsque vous marchez dans le sable ?

Dans cette situation, on peut discerner avec précision les différents points de contact du pied avec le sol. Ces points de contacts sont au nombre de trois, et, une fois réunis, ils forment ce que l’on appelle communément le « Tripod Foot ».

Ces appuis forment un triangle, ils permettent au pied d’assurer sa stabilité, de répartir efficacement les contraintes mécaniques qu’il subit et d’optimiser le transfert de force lors de mouvements plus complexes, composante essentielle dans les disciplines sportives.

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Pourquoi y a-t-il un «  trou » à l’intérieur de l’empreinte que forme notre pied ?

Comme expliqué précédemment, le pied est une adaptation morphologique spécifique à l’Homme, lors de son passage à la bipédie. Celui-ci est construit sur plusieurs arches, elles même formées par la structure des os et influencées par les muscles et ligaments du pied. Ces arches, au nombre de trois, forment ce que l’on appelle la voûte plantaire, c’est pourquoi l’empreinte laissée par la plante de nos pieds n’est pas totale.

Lorsque que l’on observe un pied ayant une voûte plantaire qui s’affaisse et/ou des arches inexistantes, on parle de  « pied plat ». Cette déformation, handicapante à un certain niveau, cause généralement des instabilités du pied lors de la marche.

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Qu’est-ce qui compose la cheville ?

La cheville est l’articulation qui relie la jambe au pied, elle est constituée de 3 pièces osseuse ;

🔹 L’extrémité inférieure du Tibia,

🔹 L’extrémité inférieure de la Fibula (anciennement péroné),

🔹 Le Talus, qui sert de pivot pour étendre ou fléchir la cheville.

Ces pièces osseuses sont maintenues et stabilisées entre elles par :

🔹 Des tissus fibreux formant la capsule articulaire, 

🔹 Des ligaments internes et externes.

On y retrouve également des tendons, qui contribuent à sa stabilité et à sa mobilité ;

🔹 En avant, les tendons extenseurs, permettant la dorsiflexion du médio pied et des orteils.

Ramener la pointe du pied vers le haut.

🔹 En arrière, les tendons fléchisseurs permettant la flexion plantaire, du médio pied et des orteils.

Ramener la pointe du pied vers le bas.

Enfin, l’articulation est entourée ;

🔹 D’éléments nerveux responsables de la commande motrice des muscles et de la sensibilité de celle-ci.

🔹 D’éléments vasculaires artériels et veineux responsables de la vascularisation du pied et de la cheville.

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Quel est le rôle de la cheville ?

La cheville est fondamentale dans le maintien de l’équilibre corporel statique et dynamique, elle joue également un rôle important dans la transmission des forces et des mouvements pendant la locomotion. Durant certaines activités sportives, elle est extrêmement sollicitée et soumise à des contraintes mécaniques très importantes pouvant atteindre plusieurs fois le poids corporel.

Pourtant, elle reste très mobile, voici les différents degrés de liberté possibles de la cheville :

Adduction & Abduction du pied : Rapprocher et éloigner le pied de l’axe du corps,

Dorsiflexion plantaire : Ramener la pointe du pied vers le haut,

Flexion plantaire : Amener la pointe du pied vers le bas,

Éversion : Porter le pied en rotation externe par rapport à l’axe du corps,

Inversion : Rotation du pied vers l’intérieur de l’axe du corps.

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Les chaussures minimalistes, est-ce vraiment viable ?

Nos chaussures actuelles déforment progressivement la biomécanique naturelle de nos pieds et de nos mouvements ..

Les chaussures modernes, trop rembourrées, interfèrent négativement sur cette connexion sol-pied et nous déstabilisent plus qu’elles nous soutiennent. En effet, elles nous privent d’informations sensorielles fondamentales et ont tendance à emprisonner nos chevilles, ce qui peut, à terme, favoriser la déformation de l’arche du pied et l’instabilité de la cheville.

Au travers de ce constat et pour répondre à une problématique bien réelle sont apparus les chaussures minimalistes sur le marché. Avec leur design particulier épousant la forme de chaque orteil qui rappelle un peu celui des palmes en natation, leur objectif principal est de retrouver des sensations au plus proche du pied nu.

Elles ne sont pas sans intérêt pour le sportif et le non-sportif, elles ont pour principales avantages de ;

🔸 Respecter la forme naturelle de l’ensemble du pied,

🔸 Permettre aux pieds de se « reconnecter » avec le sol lors du contact avec celui-ci,

🔸 Corriger d’éventuelles erreurs de postures liées aux appuis,

🔸 Améliorer la stabilité globale du couple pied-cheville grâce au travail des muscles spécifiques,

🔸 Laisser suffisamment d’espace pour les orteils et optimiser l’utilisation du Tripod Foot.

En définitive, votre choix de chaussures ne devrait pas être motivé par la mode, mais plutôt par la fonction du type de chaussure utilisé et les contraintes biomécaniques inhérentes à votre discipline.

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Le barefoot training, effet de mode ou réel intérêt ?

Tout d’abord, il est important de noter que nos pieds possèdent des milliers de terminaisons nerveuses qui nous aident, non seulement, à sentir le sol, mais aussi à envoyer des signaux dans l’ensemble de notre corps pour nous aider à ressentir et organiser nos mouvements. Notre système vestibulaire est directement relié à l’ancrage de nos pieds avec le sol. Cet organe sensoriel, situé dans l’oreille interne, contribue à notre gestion de notre équilibre et de nos mouvements dans l’espace.

S’entraîner pieds nus ou en chaussettes va donc nous permettre d’augmenter notre proprioception, en nous faisant prendre conscience de la façon dont notre corps organise ses mouvements dans l’espace et de solliciter davantage nos muscles plantaires, responsables du maintien postural. 

Enfin, en rétablissant la connexion du pied avec le sol, notre cerveau peut alors enregistrer et traiter plus facilement les données vestibulaires, ce qui lui permettra d’assurer une meilleure stabilité podale et d’améliorer les transferts de force vers les membres supérieurs lors des différents mouvements.

L’entraînement pieds-nus, excepté dans le contexte de certaines blessures, de pathologies spécifiques ou de disciplines incompatibles, semble être la meilleure option à votre disposition si vous avez un objectif alliant performances sportives et longévité.

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Les chaussures d’haltérophilie, dans quel contexte les utiliser ?

Les chaussures d’haltérophilie ont tout d’abord été inventées pour répondre à des besoins spécifiques ;

🔸 Optimiser la biomécanique fonctionnelle des athlètes sur les mouvements,

🔸 Améliorer les performances olympiques dans cette discipline.

La légère surélévation du talon induite par la chaussure compensée induit une réduction de l’inclinaison du tronc vers l’avant lors d’un pattern de mouvement de type « Squat » en modifiant l’angle du pied et en compensant artificiellement un éventuel manque de mobilité de la cheville en dorsiflexion. L’inclinaison du buste au Squat en fonction des différentes morphologies va plus ou moins accentuer votre porte-à-faux ; un ratio jambe courte / buste long créera un faible porte-à-faux, tandis qu’un ratio jambe longue/ buste court l’augmentera.

De plus, les chaussures d’haltérophilie possèdent une semelle rigide et plate, ce qui permet de conserver un contact sol-pied optimal et d’assurer un bon transfert de force. Lors d’un mouvement de type « Squat », par exemple, la semelle d’une chaussure traditionnelle aura tendance à s’écraser sous la contrainte du poids de la barre, cette dernière n’étant pas adaptée pour résister aux compressions supplémentaires induites par le port de charges. 

Cependant, il est important de ne pas tomber dans le piège alléchant tendu par ce type de chaussures !

En effet, certaines personnes pensent pouvoir gagner en mobilité articulaire sur le long terme avec cet outil, mais, il n’en est rien. L’origine du problème, s’il y en a un, ne changera pas, ne vous y trompez pas. Concentrez vous d’abord sur le fait d’entamer un processus pour améliorer votre coordination motrice et/ou votre mobilité si vous en avez besoin.

Si, toutefois, consciencieusement, votre choix se porte sur la modification d’un angle de travail pour solliciter davantage un muscle ou une zone musculaire, alors, vous pouvez choisir d’utiliser une compensation. A noter que l’avancée des genoux vers l’avant, provoquée par l’inclinaison plus prononcée du pied et l’ouverture plus importante de la hanche, auront tendance à mettre davantage l’accent sur le travail des muscles extenseurs du genou.

Le plus important étant de justifier les exercices sélectionnés dans votre programme en identifiant les différents paramètres concernés

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Conclusion ;

Vous l’aurez compris, le mode de chaussage revêt une importance capitale si vous souhaitez optimiser vos performances sportives. On pourrait même aller plus loin et considérer que, de manière générale, la santé de vos pieds en dépend aussi en grande partie.

Maintenant, avec toutes ces informations, vous devriez être en mesure de faire un choix éclairé.

Au même titre que nos épaules, nos coudes, nos genoux … articulations que nous veillons à maintenir dans une santé optimale, le couple pied-cheville ne doit pas être oublié car il représente le premier élément nous reliant directement avec le sol qui est sollicité continuellement et ce durant toute notre vie.

Dans quelles mesures le renforcement spécifique des muscles stabilisateurs du couple cheville-pied pourrait-il nous être bénéfique? Faudrait il accorder davantage d’exercices sur cette zone-là pour atteindre un haut niveau de performances et une meilleure longévité articulaire ?

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Si l’article vous a plu, n’hésitez pas à y laisser un commentaire afin de nous faire part de votre avis !

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Bibliographie & Sources ;

Guide des mouvements de musculation – “ Approche Anatomique “ – Frédéric DELAVIER – Éditions VIGOT 

Anatomie pour le mouvement : Blandine CALAIS-GERMAIN – Éditions Désiris

Corriger la posture et les instabilités articulaires : Frédéric BRIGAUD – Éditions Désiris

La Méthode Delavier de Musculation : Frédéric DELAVIER et Michael GUNDILL – Éditions VIGOT

🔸 L’entraînement pieds-nus ;

https://www.christophe-carrio.com/fr/blog/pourquoi-sentrainer-pieds-nus–n158

🔸 Que changent les chaussures d’Haltérophilie sur la cinématique du Squat ?

https://www.sci-sport.com/articles/cinematique-du-squat-que-changent-les-chaussures-d-halterophilie-167.php

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A bientôt pour un prochain Article !

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Article co-écrit par Rémi GALLOIS et Lucas GURRUCHAGA ©

Une réponse

  1. Cléa dit :

    Team pieds nus pour ma part ! Merci pour cet article très riche ! 💪🏻

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